2018 Auslandstour am Juni

Weekend à Provins

Un plongeon dans l’histoire médiévale et de la Deuxième Guerre mondiale

Le dernier weekend de juin, le Mercedes-Benz Club Luxembourg avait programmé son excursion annuelle à l’étranger, préparée de longue date par les familles Lauer et Scuri. Cette année, le roadbook nous menait pour un weekend au sud-est de Paris, plus précisément à Provins, dans la région Île-de-France. Le point de rassemblement pour les 15 équipages était fixé à l’Aire de Berchem. Sous un soleil estival, la route nous menait par la Lorraine et le premier arrêt se faisait à Domrémyla- Pucelle, où se situe la maison natale de Jeanne d’Arc. Après une brève visite des lieux, nous sommes repartis en direction de Colombey-lesdeux- Eglises, dans le département de la Haute-Marne. 

Le repas du midi terminé, une visite du village s’imposait : il est devenu célèbre pour avoir été choisi comme résidence secondaire par le général de Gaulle, qui y avait acquis en 1934 une propriété dénommée « La Brasserie » et rebaptisée aussitôt « La Boisserie ». Il avait choisi Colombey parce que cette localité se trouvait à mi-chemin de Paris et de ses garnisons de l’Est et du Nord. Il y est mort le 9 novembre 1970 et repose, avec son épouse et sa fille, au cimetière de Colombey. Depuis, Colombey est devenu l’un des symboles phares du gaullisme. Après un passage à sa tombe, nous nous sommes rendus à « La Boisserie » et avons visité avec un guide la résidence de De Gaulle, où il avait reçu en septembre 1958 le chancelier Konrad Adenauer.

Notre dernière étape à proximité était la visite du Mémorial Charles de Gaulle, avec son musée adjacent. Le Mémorial constitue un véritable rendez-vous avec l’histoire du vingtième siècle et une rencontre avec Charles de Gaulle dans son intimité. Pensé comme le socle de la Croix de Lorraine, le bâtiment inscrit tout à la fois le personnage de Charles de Gaulle au coeur de la modernité et dans les paysages de Colombey-les-deux-Eglises.

En fin d’après-midi, nous avons passé la grande porte de la cité médiévale de Provins, et avons investi les chambres à l’hôtel « Aux Vieux Remparts ». La journée s’est clôturée par un dîner en terrasse.

Le lendemain matin, un guide nous attendait pour la visite de la Cité médiévale. La première étape était la Tour César, implantée à l’extrémité de l’éperon rocheux, monument symbole de Provins. Construite au xiie siècle par les Comtes de Champagne, alors que s’élaboraient de nouveaux modèles de donjons défensifs et représentatifs, la Tour César est l’un des témoignages exceptionnels de l’histoire d’architecture militaire médiévale. Nous avons visité l’intérieur de la Tour, avons fait le chemin de ronde, sommes passées par les différentes chambres et salles, et avons grimpé jusqu’à la charpente pour découvrir les cloches, dont la plus grosse pèse 3 tonnes et a été fondue en 1511.

De retour au centre-ville, nous nous sommes rendus à la Grange aux Dîmes. Il s’agit d’un édifice bâti au xiiie siècle. Pendant les foires de

Provins, il était utilisé comme marché couvert. Au xviie siècle, il servait à entreposer la dîme, l’impôt collecté sur les récoltes et versé à l’église. Passant par la merveilleuse salle voûtée, nous avons pu découvrir les métiers de l’époque : les marchands, le changeur, le potier, l’écrivain public, le carrier, le tailleur de pierre, ou le parcheminier, tous illustrés de manière très représentative.

Après un déjeuner libre en terrasse, nous avons visité les galeries souterraines de la ville ainsi que son musée. Provins possède des réseaux de souterrains d’une importance exceptionnelle, riches de par leur qualité et leur diversité. Exploités d’abord comme carrières, puis en tant qu’entrepôts pendant les Foires de Champagne, elles ont aussi été des refuges ou encore des lieux de réunions secrètes. Le Musée de la ville, établi dans une maison romane qui est le plus ancien édifice civil de Provins, abrite des pièces précieuses des siècles passés, issues de fouilles archéologiques réalisées à Provins et ses environs, allant de la préhistoire au xix siècle, en passant par La Renaissance. Il abrite notamment des vestiges exceptionnels du trésor de Saint-Quiriace (pièces d’orfèvrerie, icône trinitaire du xv siècle et chasuble de saint Edme, en lampas de soie du xiiie siècle), des sculptures et peintures, des objets rares comme une tour d’abandon, utilisés pour abandonner les orphelins récupérés aux portes des églises.

Nous avons terminé la journée par une visite libre de la ville, avant de nous retrouver pour l’apéritif dans les caves voûtées de l’hôtel et pour le dîner servi en terrasse.

Le dimanche matin, après le petit-déjeuner, le signe du départ a été donné. Le roadbook nous a conduits au Lac du Der-Chantecoq, à la limite des départements de la Marne et de la Haute-Marne. Conçu pour protéger Paris des inondations, le Lac a pour but de renforcer le débit de la Marne en étiage et d’en atténuer l’ampleur des crues. Il doit son nom à la fois au pays du Der, région naturelle où il est implanté, et au village de Chantecoq qui fut détruit avec ceux de Champaubertaux-Bois et Nuisement-aux-Bois lors des travaux de réalisation du lac dans les années 1960 et 1970. Sa capacité nominale est de 350 millions de m3. Avec une superficie de 48 km2, c’est le plus grand lac artificiel d’Europe, en excluant les lacs de barrage. Au bord du lac, nous avons pu faire une courte pause-midi.

Le chemin du retour est passé ensuite par Bar-le-Duc en direction du Luxembourg.

Text: Jean-François ZIMMER
Fotos: Jean-François ZIMMER & Guy MÜLLER